L’Agence Conseil en Marketing RH
Quatre Vents a interrogé, au cours du mois
de juin 2010, plus de 30 000 étudiants et jeunes
diplômés d’universités et de Grandes Ecoles
de commerce et d’ingénieurs sur leurs attentes
à l’égard de leurs futurs employeurs.
Les 3 000 réponses récoltées ont permis
de déterminer leurs attentes, leurs craintes,
et la manière dont ils perçoivent les actions
de communication menées par leurs
employeurs potentiels. Retrouvons les principaux
enseignements de cette étude, qui nous plonge
au coeur de l’enseignement supérieur.
Je postule dans les entreprises
que je connais
Les répondants placent en tête de leurs critères de
sélection d’une entreprise le secteur d’activité dans
lequel elle opère (79% des répondants). Le plus
populaire est celui de l’énergie (41%) suivi par le
conseil, cité à 33%, bien que les réalités de ce secteur
soient assez méconnues. Un fossé se creuse derrière
ces deux secteurs, puisque les autres (Banque/
Assurances, Luxe, Services informatiques…) ne
se situent que très légèrement au dessus de 20%.
Certains secteurs sont même clairement pénuriques,
car à la fois peu attractifs et ayant de forts besoins :
Distribution (19%), agroalimentaire (17%), BTP
(16%). Devant ce constat, les entreprises ne faisant
pas partie des secteurs les plus attractifs se trouvent
face à un impératif : travailler sur la connaissance
de leurs métiers par leurs cibles pour attirer les
meilleurs talents.
Très sollicités, les étudiants des grandes écoles
privilégient avant tout les sites web des entreprises
qu’ils connaissent déjà (80%). D’où la nécessité pour
l’entreprise de se faire connaître en amont afin de
recevoir des candidatures ciblées et pertinentes,
et de mener dans la durée des actions récurrentes
auprès de ses cibles.
Une utilisation très contrastée
des job-boards
Les job-boards sont également populaires, surtout
dans les universités (72%, contre 65% dans les
écoles de management et 49% dans les écoles
d’ingénieurs), ce qui s’explique par des solutions
dédiées moins développées (intranets et services
stage/emploi). L’utilisation des job boards varie
également beaucoup au cours du cursus : elle
est assez faible en dehors des recherches de stage
(36%), augmente dans la dernière année d’études
(59%), et connait un pic au moment de la recherche
du premier emploi (87%). Leur utilisation reste
importante chez les personnes en poste (77%),
signe d’une veille continue des diplômés sur le
marché de l’emploi.
L’utilisation des réseaux sociaux
18 fois plus importante
En 2008, le recours aux réseaux sociaux était
anecdotique, n’étant cité que par 1% des répondants.
Aujourd’hui, 18 % des répondants déclarent les
utiliser, ce chiffre atteignant 22% dans les écoles
de management. Par ailleurs, 69% des interrogés
pensent qu’il est pertinent pour une entreprise
d’être visible sur les réseaux sociaux. Ainsi, si les
réseaux sociaux restent quatre fois moins utilisés
que les pages recrutement des sites web des
entreprises, leur développement exponentiel
les rend aujourd’hui incontournables. Il est
donc primordial d’investir dès maintenant ce
terrain afin de prendre un avantage sur ses
concurrents.
Privilégier les actions de proximité
Les interrogés attendent que les entreprises
viennent échanger en proximité sur leurs forums
(52%) et parler des métiers dans le cadre d’un cours
(49%). Les sessions de recrutement arrivent ensuite
(36%), tandis que 32% des répondants apprécient
des contacts réguliers avec des collaborateurs de
l’entreprise diplômés de leur école. 3 items sont
importants pour aider à la découverte des métiers:
l’intervention d’un dirigeant, un amphi ou petitdéjeuner
de présentation, et un événement au sein
de l’entreprise pour rencontrer les managers, qui
se situent entre 22% et 28%. Globalement, vu le
nombre d’initiatives plébiscitées, un mix d’action
et de présence reste un indispensable pour attirer
les meilleurs talents.
Des critères de sélection axés
sur les métiers et l’image
Les critères de choix des interrogés se concentrent
principalement sur les métiers de l’entreprise,
c’est-à-dire les offres proposées (80%) et leurs
secteurs d’activités (79%). L’image de l’entreprise
pèse également dans le choix : la qualité et l’image
des produits et services sont citées par 56% des
répondants, et le prestige 40%. Ce dernier critère a
plus de valeur dans les écoles de management que
dans les écoles d’ingénieurs (43% contre 33%). Des
critères qui peuvent être qualifiés « d’évidences »
ont peu d’impact : la solidité de l’entreprise
(23%), la politique RH (16%), les critères éthiques
(12%)…
La génération Y au pouvoir ?
La flexibilité des horaires arrive en tête des avantages
appréciés par les étudiants et les jeunes diplômés
(56%). Ce résultat renvoie à l’avènement de la
« génération Y », qui se caractérise par des attentes
élevées en termes d’équilibre vie privée – vie
professionnelle. Les possibilités de formation arrivent
en deuxième place (53%), ce qui reflète un désir
de parfaire une formation initiale pour certains,
particulièrement chez les élèves d’universités
(65%), ou une volonté d’acquérir et de maintenir
une expertise, notamment chez les répondants
issus d’écoles d’ingénieurs (59%). Les étudiants
en école de management sont ceux qui ont le
plus confiance en leurs formations, puisqu’ils ne
citent cet item qu’à 49%. On peut aussi voir dans
le score globalement élevé pour tous un souhait
de capitaliser sur chaque expérience en temps
de crise, afin d’être mieux armé dans une future
recherche d’emploi.
Les rémunérations variables n’arrivent qu’après
dans la liste des avantages appréciés : les
primes individuelles sont citées à 49%, et les
intéressements et participation à 43%. Les profils
commerciaux sont toutefois plus sensibles que les
ingénieurs aux avantages liés à la rémunération :
en effet, ils attendent plus de primes liées aux
performances individuelles (55% contre 45%) et
de l’intéressement sur les résultats de l’entreprise
(47% contre 38%).
Un optimisme mesuré face
à la conjoncture
La crainte la plus importante des répondants est
de manquer d’expérience (48%). Un point sur
lequel il est judicieux de se positionner et de
rassurer les étudiants et jeunes diplômés, par
exemple en communiquant sur des programmes
de formation à l’entrée.
Autre crainte importante, qui peut être suscitée par
le gel des recrutements de nombreuses entreprises
dans le contexte de crise, celle de ne pas trouver
d’offres en adéquation avec leurs profils (41%).
36% des répondants sont confrontés au fait qu’ils
ne connaissent pas d’entreprises potentiellement
intéressées par leurs profils, ce qui illustre une
connaissance des métiers et des opportunités
proposés par les entreprises très perfectible
Faire connaître ses métiers
dans la durée
Malgré un contexte compliqué, la génération
Y maintient des exigences élevées, et même
en hausse par rapport à la précédente étude
menée en 2008 par Quatre Vents. Parmi ces
exigences, la rémunération, mais aussi l’ambiance
de travail et l’équilibre vie personnelle – vie
professionnelle.
On ne peut que constater une certaine méconnaissance
des métiers des entreprises, et des
opportunités qu’elles offrent. Une seule solution
pour bien déployer son image employeur et
faire la différence, surtout lorsqu’on ne fait pas
partie des entreprises dont le prestige attire
naturellement des candidatures qualifiées : avoir
un maximum de moments de contact pendant
la scolarité via un mix d’actions complet et
s’inscrivant dans la durée.